Série

Les Mystérieuses Cités d’Or – Confinement #3

Parfois en période de doute -et le confinement en est bien une- le meilleur c’est de se replonger dans les valeurs sûres. Et ma valeur sûre à moi est la même que celle de toutes les personnes de goût. J’ai nommé : Les Mystérieuses Cités d’Or.

Les Mystérieuses Cités d’Or (1982)

Série d’animation franco-nippo-luxembourgeoise diffusée à partir de 1982, Les Mystérieuses Cités d’or raconte les aventures d’Esteban, un jeune orphelin espagnol parti à la découverte du Nouveau Monde. Accompagné de ses amis, les inénarrables Tao et Zia, il espère retrouver son père disparu en pleine mer alors qu’il n’était qu’un bébé.

En France, c’est Jean Chalopin qui porte le projet grâce à sa boite de production DIC (Diffusion Information Commerciale, pas très sexy comme nom). Avec cette même société il produira notamment Ulysse 31, Inspecteur Gadget ou les Bisounours, entre autres grands titres de la télévision jeunesse. Au Japon, C’est Mitsuru Kaneko qui scénarise et produit avec sa société MK Production, la relation entre Chalopin et Kaneka est fructueuse, ils retravailleront ensemble plus tard sur le dessin animé Pole Position.

La série brille aussi bien par son graphisme que par son contenu -avec le gros point fort d’intégrer à la fin de chaque épisode des mini-documentaires éducatifs sur la vie et les croyances pré-colombiennes- et personne n’a pu oublier l’incroyable générique au rythme dansant.

S’il s’agit d’une des séries emblématiques de mon enfance, je n’ai pourtant découvert que très récemment que l’histoire était tirée d’un livre, La Route de l’Or de Scott O’Dell (1966) pour être exact. On ne peut pas vraiment parler d’adaptation ici étant donné qu’il ne s’agit pas réellement d’une utilisation exacte de l’oeuvre originale. Et fort heureusement, car ce bouquin n’est pas joyeux.

Avant toute description il me semble important de préciser que Tao n’existe pas du tout dans la version papier, ce qui, dès le départ, casse un peu tout l’intérêt. A la place du trio d’enfants joyeux de la série d’animation, nous découvrons par le livre la conquête de l’Amérique par les espagnols du point de vue d’un adolescent cartographe. Le Esteban de Scott O’Dell, est plus vieux, mais a aussi un but plus précis que celui du dessin animé. Il désire établir une carte de ces lieux inconnus tout juste découverts mais d’autres problématiques que celles des olmèques aux têtes d’alien viennent compliquer sa quête. En effet, la quête des Mystérieuses Cités d’Or est une constante dans les deux œuvres mais si les enfants de 1982 ne craignent que les dangers extérieurs, Esteban le cartographe est lui tourmenté par des problèmes bien plus internes tels que la corruption et la convoitise. La soif de l’or qui dirige notamment le personnage de Mendoza bien plus brutalement que sa version télévisée est une tentation qui touche tous ceux qui partent en recherche des Cités d’Or.

Hormis le livre qui reflète une réalité différente et bien plus sombre des aventures de notre héros (qui reste accompagné de Zia bien que la jeune fille ne soit pas grand chose de plus qu’un homonyme à la petite incas de la série) d’autres Mystérieuses Cités d’Or ont vu le jour, à mon plus grand regret, en 2012. Je vais tristement devoir évoquer l’adaptation/mauvaise suite/remake honteux du dessin animé produit par les studios Blue Spirit (qui auraient mieux fait d’en avaler du White) et réalisé par Jean-Luc François à qui on doit T’choupi ou Adibou : Aventure dans le corps humain. Oui. Le niveau est bas.

Les Mystérieuses Cités d’Or (2012)

Si je ne peux pas m’avancer beaucoup sur l’intrigue de ce qui se fait à tort passer pour la saison 2 de la série de 1982 pour la raison que je l’ai sauvagement boycottée, je peux malgré tout en parler grâce aux recherches effectuées pour cet article. Et aux larmes versées en cours de route. Si la fin de version originale (aussi appelée vraie version) restait ouverte et sous-entendait que les aventures sur le territoire sud-américain n’étaient pas prête de s’arrêter et que le père de Zia détenait des informations importantes, le début de la saison 2 (aussi appelée erreur de la nature) boucle cette intrigue et envoie nos trois amis ainsi que le Grand Condor en Asie. Il n’y a pas que le nouveau casting de doublage (difficile de faire autrement puisque trente ans ont passé depuis la réalisation de la saison 1) qui fait un choc, en effet, les graphismes ont tourné très 3D, et les personnages ont malheureusement mentalement rajeunis de cinq bonnes années. Disparues les inquiétudes de Zia sur ce peuple duquel elle a été enlevée et qu’elle ne parvient pas à retrouver, envolée la tristesse de Tao face à la disparition de son peuple et de ses créations, finis les déchirements d’Esteban qui, à douze ans, se retrouve considéré comme l’enfant du Soleil. Les préoccupations de cette série 2.0 bâclée baissent en niveau, comme si les jeunes spectateurs ne pouvaient être confrontés qu’à des mésaventures mineures et des déconvenues sans conséquences réelles. Je veux bien entendre que Rémi sans famille c’était dur à vivre, mais de là aux Mystérieuses Cités de Tchoupi qu’a pondu le studio Blue Spirit, il y a quand même un Grand Canyon !

« Et les moments éducatifs alors ? » me demanderez vous. Eh bien, incapables de remplacer l’incroyable voix de Jean Topart, les réalisateurs ont simplement abandonné en déléguant les moments documentaires à Pichu, le perroquet vert. D’accord le personnage est mignon, mais vous l’imaginez présenter les rituels sacrificiels Mayas ? Eh bien les showrunners non plus puisque tous les moments que j’ai pu voir n’évoquaient rien d’autres que des informations très superficielles telles que l’existence d’un marché aux épices. Avec des épices.

Bref, très édulcorée et assez peu respectueuse des faits et personnages établis en 1982, cette suite ne mérite pas vraiment selon moi que l’on s’y attarde de trop. Mais si la curiosité vous tiraille et que vous n’avez vraiment rien à faire de votre confinement, promis, je ne vous jetterai pas de pierres si vous tentez l’aventure. En attendant, cela dit, je vais vous conseiller quelques petites choses qui pourraient vous distraire tout en restant dans la vibe des Mystérieuses cités d’or (pas spécialement pour enfant mais accès aventure !).

The Lost City of Z (2016), film réalisé par James Gray (mais si ! vous le connaissez, c’est lui qui a dirigé Ad Astra sorti l’année dernière et dont j’ai déjà parlé dans un super article). Cette « fictionnalisation de faits réels » suit la vie de Percival Fawcett, explorateur anglais parti à la découverte d’une cité légendaire soit disant cachée dans une amazonie indigène. Le scénario se base sur les carnets de voyage du véritable Percival Fawcett et le film offre des images à couper le souffle et une très bonne adaptation de la vie de cet aventurier incompris.

Il se déroule aux Chutes du Paradis (Venezuela) et possède la seule bande son capable de me faire monter les larmes aux yeux en huit notes, je conseille (et je conseillerai toujours) le Pixar, Là-Haut (2009). Co-réalisé par Pete Docter et Bob Peterson, ce long-métrage d’animation que vous connaissez sans doute (sinon bienvenue dans votre meilleure découverte de l’année) raconte l’histoire de Carl, un vieil homme veuf et revêche qui accomplit le rêve d’une vie en faisant voler sa maison jusqu’aux Chutes du Paradis. Emmenant malgré lui un jeune scout pétillant et bavard, Russell, qui l’entraînera dans des aventures inattendues. Je n’en dis pas plus, je veux vous voir rire et pleurer sans pouvoir prévoir ce qui va vous arriver devant ce film !

Et pour finir, un film franco-italien de 1964, L’homme de Rio de Philippe de Broca, où un Jean-Paul Belmondo héroïque vole au secours de sa belle (Françoise Dorléac) enlevée au Brésil. C’est dans cette aventure que l’acteur se prête pour la première fois au métier de cascadeur en ne faisant pas appel à une doublure. Le film n’en est que plus sympathique ! Alors si voulez voir de l’action et des statuettes pré-colombiennes, vous allez être servis !

Je vous laisse sur ces recommandations, vous souhaite un joyeux confinement et surtout, de bons visionnages !

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