Série

The Midnight Gospel – Confinement #7

Récemment je me suis lancée dans l’aventure The Midnight Gospel, à raison d’un ou deux épisodes tous les deux jours j’ai mis un peu plus d’une semaine à finir cette mini-série d’animation totalement barrée et incroyablement riche. Il faut dire qu’à la réalisation on retrouve Pendleton Ward, à savoir le créateur d’une de mes séries d’animation préférées (même si, il est vrai que j’en ai beaucoup) Adventure Time.

Adventure Time -parce que non, je ne m’empêcherai pas d’en parler- c’était déjà un univers bien what the fuck où tout peut exister. Y cohabitaient des hommes-bonbons, des sorciers, des princesses de toutes les formes ou encore des game boy parlantes, avec bien entendu pour personnages principaux un humain trop cool et un chien parlant au corps élastique trop cool aussi. Et si on retrouve bien des inspirations d’une série à l’autre, il faut reconnaître quand même que Midnight Gospel pousse le délire beaucoup plus loin (et avec un peu plus d’hémoglobine aussi).

Pendleton Ward imagine Midnight Gospel après avoir écouté le podcast de Duncan Trussell : « The Duncan Trussell Family Hour ». Avec plus de 380 épisodes, l’émission de Trussell aborde des sujets très divers tels que la philosophie, la méditation, les croyances, la drogue, la mort, etc, avec une gamme d’invités d’horizons variés. C’est de cette base que se construit le show avec l’idée particulière de créer une animation et une histoire autour de ces podcasts pré-enregistrés. La collaboration de Trussell et Ward donne naissance à huit épisodes liés par une même trame mais nous introduisant à chaque fois dans des mondes différents.

Clancy, un jeune homme vivant seul dans une caravane au milieu de l’espace, utilise un simulateur de multivers illégal afin de traverser la galaxie et d’aller interviewer toutes sortes de personnes pour son « space-cast ». Plongé au cœur des mondes qu’il visite, il connait des aventures dangereuses qu’il ne semble pas vraiment remarquer, se contentant de suivre ses interlocuteurs où qu’ils aillent (que ce soit en mission spéciale ou à l’abattoir).

Si le personnage se développe petit à petit et permet de créer une continuité, il s’agit surtout et avant tout de découvrir des mondes absolument abracadabrants, souvent proches de l’apocalypse et toujours complets. Les personnages évoluent au milieu du tumulte de ces péripéties en continuant de parler simplement du sujet abordé dans le podcast original.

La série semble tout d’abord difficile à suivre, l’audio et l’image fonctionne quasiment en parallèle, avec quelques exceptions faites ça et là lorsque les personnages réagissent à un obstacle sur le chemin. L’animation est particulièrement riche, une fois lancée, Midnight Gospel fait déborder l’écran de couleurs, de mouvements et de formes inhabituelles. Par ailleurs, même si les personnages n’interagissent pas directement avec leur environnement, celui-ci n’est pas dénué d’histoire et beaucoup de choses se passent en parallèle. Il m’est donc arrivé à plusieurs reprise de me déconnecter de la discussion principale parce qu’un personnage dans le fond faisait quelque chose, ou de devoir reprendre le visionnage un peu plus tôt parce que concentrée sur la conversation j’avais raté des éléments visuels. Pourtant, même cet effet n’est pas totalement négatif, on s’habitue vite à ce flot d’informations permanent qui donne même envie de revisionner certains épisodes sans le son.

Avec un double point de vue narratif la série n’est donc pas en reste, mais ce que j’ai aimé par dessus tout c’est ressentir l’éclate des créateurs. La série les laisse totalement libres de leurs mouvements, il n’y a pas de contraintes à respecter, on peut passer d’un épisode sur une Terre ravagée par les zombies à un monde médiéval fantastique. Et ce n’est pas un plus que pour les auteurs puisque chaque monde découvert a aussi eu pour moi l’effet d’une capsule d’inspiration.

Je ne peux pas en dire beaucoup sur cette série déjà très courte, je vous conseille bien entendu de la regarder, au moins jusqu’à l’épisode huit (c’est une boutade car il n’y a en réalité que huit épisodes) qui est de loin mon préféré. Ne vous laissez pas rebuter par le premier aspect hyperactif de ce petit bijou, il en a beaucoup plus sous le coude que ce que l’on peut penser tout d’abord. Et, si je ne l’ai pas regardé sous l’emprise d’une quelconque substance illicite, je ne peux pas m’empêcher de penser que pour ceux qui sont intéressés par ce genre de choses, ça peut faire un visionnage sympathique.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s