Film

Willow – (Dé)Confinement #10

Willow – Ron Howard (1988)

Nous voilà déjà arrivés à mon dixième article de confinement (qui sera sûrement publié après le 11 Mai mais, ne me considérant pas déconfinée pour autant, je continue d’écrire) et je me vois dans l’obligation de « marquer le coup » avec un article sur un classique absolu de la filmographie de ma vie. Willow.

Réalisé en 1988 par Ron Howard d’après une histoire originale de George Lucas, Willow est une quête initiatique durant laquelle un jeune paysan de la race des nelwynns (communauté pacifique dont les représentants vivent principalement d’agriculture et de chasse) se voit chargé de la protection d’un bébé prophétique. L’enfant, Elora Danan, est en effet celle qui, selon les prédictions, mettrait fin au règne tyrannique de la terrible reine Bavmorda.

Avec des nelwynns, des fées, des trolls, des daikinis (enfin, des humains avec un nom exotique), des sorcières ou encore des Brownies non comestibles, Willow possède tout un univers ultra palpitant dans lequel on plonge dès les premières minutes du film totalement. Imaginée par George Lucas alors qu’il travaille sur Star Wars, l’histoire est audacieuse, et il faut plusieurs années avant que des moyens techniques permettent réellement au film d’être tourné (un peu comme pour Avatar de James Cameron mais en moins bleu). Entre temps Lucas approche Warwick Davis qui incarnait Wicket l’ewok sur le tournage de Star Wars pour son héros éponyme.

Si l’idée de faire des nelwynns, au peuple de petite taille, les héros de l’histoire rappelle un peu -fort- nos chers Hobbits de la Comté, il s’agissait surtout pour Lucas d’avoir un seul personnage écrasé par l’immensité de sa tâche et par le danger représenté par les ennemis. Le fait que le héros soit de petite taille ne rendant alors l’impression d’épreuve herculéenne plus grande. Cependant, Willow n’effectue pas son aventure seul, il est rapidement rejoint (plus ou moins contre son gré) par Madmartigan, mercenaire daikini de peu d’honneur, joué par Val Kilmer et par deux ressources comiques sur pattes, le duo brownie joué par Kevin Pollak et Rick Overton (ils ont d’ailleurs tous les deux une filmo hyper longue de films que je n’ai jamais vus et de séries télévisées sans doute pleines de swag).

Willow – Ron Howard (1988)

C’est dans ce film que l’on peut assister au tout premier morphing de l’histoire du cinéma, à savoir lors de la scène où la gentille sorcière Fin Raziel (dont j’ignorais complètement l’orthographe) jouée par Patricia Hayes change de forme dans l’espoir de retrouver son apparence humaine. On peut donc remercier Willow à la fois pour le divertissement indéniable qu’il nous offre mais aussi pour le progrès en infographie qu’il représente.

L’histoire est soutenue par une superbe musique de James Horner, c’est le genre de bande son vraiment épique que j’adore écouter pour écrire et qui me donne toujours de grosses envies d’aventures. Horner a aussi composé pour Braveheart, pour Avatar dont je parlais plus tôt, et pour Rocketeer. Mais vous l’avez aussi entendu dans le superbe Swing Kids que ma mère adore, dans Titanic, et dans bien d’autres films géniaux que je ne peux que vous conseiller de vous regarder. Décédé en 2015, ce compositeur génial ne nous donnera pas d’autres occasions d’écouter sa musique mais laisse derrière lui des bandes originales qui ravissent toujours mes oreilles.

Willow c’est aussi un des rares films que je conseille de voir en VF, j’ai pour le doublage des années 70-80 beaucoup plus d’indulgence que pour le doublage d’aujourd’hui et je trouve les voix des acteurs de l’époque très convaincantes. Ce sentiment est bien sûr influencé par le fait que j’ai grandi avec ce film et que je suis habituée à la première version que j’ai vue mais d’un autre côté j’ai passé tellement de joyeux moments à appeler mon père « popa » après mes visionnages que je ne peux pas renier tout ça !
D’ailleurs, petit fait divers rigolo, lors du tournage de Willow, Warwick Davis n’a en réalité que dix-sept ans, ce qui fait qu’il n’a que dix ans en plus que l’acteur jouant son fils !

Le film n’a connu qu’un succès partiel, un peu éclipsé par les autres sorties de l’année, mais il est quand même considéré comme un succès grâce aux ventes cassettes et à sa double nomination aux Oscars pour ses effets visuels et sonores. Le peu d’entrées au box office encourage George Lucas co-écrire avec Chris Claremont une suite plutôt que d’en filmer une. La trilogie nommée  Les Chroniques de la Terre d’Ombre parait donc entre 1995 et 2000. L’histoire, qui se déroule quinze ans après les faits du film, est bien plus sombre et s’appuie principalement sur les doutes et les parts obscures des protagonistes qu’elle dépeint. On retrouve Willow, mais il est -for some unknown reasons- renommé Thorn Drumheller que ses aventures conduiront de nouveau vers Elora Danan. Pour beaucoup, cette trilogie n’est la suite du film que par son nom et ne vaut en réalité pas grand chose comparé à lui. Certains vont même jusqu’à dire qu’il s’agit d’une des pires suite de tous les temps. Je n’ai pas pu me procurer le premier tome pendant le confinement mais, si les commentaires expliquant que le changement de nom de Willow va aussi avec un changement de personnalité total sont vrais, je ne suis pas vraiment tentée par cette lecture.
La force du scénario original étant pour moi que le personnage principal vient d’une communauté paisible et qu’il n’est pas féru de combat, faisant de son opposition aux forces en place quelque chose d’impressionnant et de dangereux. Alors s’il devient un mage ultra puissant qui préfère combattre que de vivre avec sa famille dans son village adoré eh bien… Ce n’est plus vraiment lui.

Pour conclure sur une note peut-être plus réjouissante, Ron Howard a récemment confirmé le développement d’une série Willow sur Disney Plus. Si je ne suis pas abonnée à cette nouvelle plateforme de streaming je suis plutôt curieuse de voir cette nouvelle adaptation dans laquelle j’adorerai bien entendu retrouver Warwick Davis. Il faut juste espérer que les romans douteux dont nous avons parlés plus tôt ne sont pas considérés pour être adaptés !

Willlow – Ron Howard (1988)

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