Série

Over the Garden Wall – (Dé)Confinement #13

Après le courroux provoqué par Revenge, il fallait bien que je me recentre sur quelque chose de positif et quoi de plus positif qu’une des séries d’animation qui me donne le plus d’inspiration (au monde) ?

Over the Garden Wall est une série d’animation courte (terminée en dix épisodes d’une dizaine de minutes chacun) produite par Cartoon Network en 2014. C’est la première oeuvre de son auteur, Patrick McHale, qui auparavant avait travaillé en tant que storyboarder et scénariste sur d’autres séries de la chaîne (à savoir Adventure Time et The Marvelous Misadventures of Flapjack).

Au début de cette petite épopée, on découvre Wirt, son petit frère Greg et leur fidèle crapaud sans nom défini, perdus dans une forêt étrange nommée « the Unknown » (l’inconnu en français). Alors qu’ils cherchent leur chemin pour rentrer chez eux, rencontrant des personnages de tous les horizons, on se demande peu à peu s’ils ont vraiment une maison qui les attend et s’ils n’appartiennent pas plutôt à cet étrange monde de contes.

A mes yeux, les deux personnages principaux sont géniaux, Greg est une source de rire et d’attendrissement absolument inépuisable, avec ses remarques à côté de la plaque, ses idées d’enfant et surtout avec son optimisme absolu, il contrebalance parfaitement son grand-frère, Wirt, qui dépité par leurs errances, perd peu à peu espoir.

Avec ses tons sépias, son ambiance mystérieuse et les tenues d’époques des différents personnages, on se croirait vraiment dans un livre d’histoires d’il y a quelques siècles, où toute aventure avait une morale et où les loups mangeaient les petites filles. La série, bien que cultivant une atmosphère parfois un peu effrayante ne fait pas vraiment peur mais je la conseille avant tout à des adultes car elle possède de nombreuses métaphores et idées un peu complexes qui donnent toujours du grain à moudre à mon imagination.

Au niveau doublage on est vraiment gâtés avec, en version originale le grand Elijah Wood qui fait un travail d’incarnation formidable dans le rôle de Wirt, l’épatant Collin Dean dans le rôle de Greg qui avait seulement 8 ans lors des enregistrements, et finalement Mélanie Lynskey dans le rôle de Béatrice la merle bleu. J’étais d’ailleurs très contente de retrouver cette actrice que j’avais découverte dans le film Créatures Célestes de Peter Jackson (1994).

Mise à part son super casting et une histoire vraiment originale, Over the Garden Wall c’est aussi une irrésistible bande son. Une de cinquantaine de minutes de musique disponible sur youtube mais aussi sur un vinyle (dont j’ai raté l’édition limitée et qui est seulement trouvable à partir 300€ sur Amazon). C’est une playlist que j’écoute d’ailleurs fréquemment lorsque j’écris car elle est pleine d’une ambiance dont je suis particulièrement friande pour mes textes.

En bref, tout ce qui compose cette superbe série dont est issue une adaptation en bd sur laquelle je n’ai pas encore mis la main est pour moi une véritable mine d’or. Rien n’est à jeter, tout est à aimer. J’encourage d’ailleurs tous les curieux de bonnes choses de s’offrir un bon visionnage de cette série qui, si elle n’est plus disponible sur Netflix est trouvable en intégral sous-titré sur Dailymotion. Et, un dernier petit conseil, son ambiance s’accorde très bien avec la période d’Halloween !

Pour ceux qui n’ont pas vu la série, c’est ici que je vous laisse avec la mélodieuse introduction de la série et l’espoir d’avoir planté une petite graine de curiosité dans vos esprits, pour les autres c’est ici que va se passer une petite analyse d’une des dimensions de la série.

Ici commence le spoil.

Pleines de symboles et de messages cachés, Over the Garden Wall est une série sur laquelle je découvre de nouvelles choses à chaque visionnage. Évoquée par métaphore dans les chansons, à peine camouflée dans les paroles des personnages, la mort est un des éléments principaux de cette série. En effet, the unknown dans lequel avancent en tâtonnant Wirt et Greg n’est autre que cet entre-deux-monde où l’on attend de passer d’un état à un autre. La preuve en est donnée dans les derniers épisodes où on se rend compte que durant tout le temps passé dans la forêt mystérieuse, ils sont en réalité en train de se noyer dans le lac où ils sont tombés par accident.

La perfection est dans les détails et cette histoire de train leur fonçant dessus à vive allure est présente au début de chaque épisode où l’on entend discrètement à la fin de la phase musicale, à l’écran titre, le sifflement d’une locomotive.

Dans cet étrange purgatoire de conte, le temps ne se déroule pas comme ailleurs, les vivants et les morts se côtoient et les époques se mélangent. Ainsi, on retrouve le nom de l’intriguant Quincy Endicoot persuadé qu’un fantôme vit dans sa maison, sur une des tombes visibles dans l’épisode neuf. Certaines théories pensent qu’il est en réalité décédé depuis le début, qu’il est le spectre, quoi qu’il en soit la présence de sa pierre tombale relie the Unknown au monde réel, soulignant peut-être que Wirt et Greg ont voyagé bien plus loin qu’au fond d’un lac.

Le village Pottsfield dans lequel nos deux compagnons font escale est l’une des métaphore les moins métaphoriques de l’aventure. Ses habitants sont des squelettes qui, habillés de citrouilles, fêtent leurs retours à la vie après la mort. Le nom du village est une contraction de Potter’s field, nom donné aux cimetières d’indigents dans lequel on enterrait aveuglément les plus pauvres. Une des villageoises présente à la fête demande d’ailleurs à Wirt s’il n’arrive pas un peu trop tôt, remarquant qu’il n’a pas l’air prêt à les rejoindre même s’il n’est pas habituelle de voir des visiteurs repartir du village.

Ces petits indices sont disséminés tout au long de la série parmi bien d’autres et si je ne veux pas tout décrire ici c’est surtout parce que j’espère vous donner envie de tenter un nouveau visionnage (ce que l’écriture de cet article m’a un peu tentée de faire !) Je prévois un autre article pour quand j’aurais mis la main sur les romans illustrés, en attendant portez vous bien et n’abandonnez jamais vos espoirs à la bête !

Sources :

  • Imdb.
  • Un petit Behind the scene du show.
  • Une vidéo sur des « trivias » de la série.
  • Le chaleureux wikipedia.

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