Lecture

La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur – (Dé)Confinement #17

Curieuse parmi les curieuses, je ne peux m’empêcher de fourrer mon nez dans les petites nouveautés livresques dont on entend parler partout. Dans cette optique pas étonnant que ma dernière lecture soit le prequel de la célèbre trilogie Hunger Games, à savoir : La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur. Ce nouveau livre de Suzanne Collins a donc accompagné ma semaine au point que je voulais en parler dans un petit article sympathique. Pas d’inquiétude, aucun spoil n’est prévu !

Dans ce roman qui se déroule donc avant les événements de la trilogie (et des films adaptés de cette trilogie) on retrouve un jeune homme, Coriolanus Snow (oui ce prénom fait pitié) à l’aube des premiers Hunger Games à s’organiser avec des mentors du Capitole pour s’occuper des tribus. Petit rappel pour celles et ceux qui auraient adoré l’histoire mais aurait un peu oublié les détails : le Capitole et les districts qui sont sous son contrôle sont tout ce qu’ils restent des Etats-Unis dévastés par la guerre. Pour se venger des nombreux soulèvements rebelles pendant la guerre, le Capitole assoie son autorité en organisant les Hunger Games, des jeux qui, chaque année, forcent deux adolescents de chacun des douze districts à se battre jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’un seul survivant. Seulement, si vous étiez habitués aux parades et à la technologie qu’on a pu découvrir lors des mésaventures de Katniss dans Hunger Games, ici les jeux n’ont commencé que depuis dix ans et il s’agit plus de vengeance violente que de médiatisation réfléchie.

Avant d’entamer ma lecture, deux choses me trottaient en tête. La première était une grande curiosité de voir évoluer le personnage principal qui, si vous l’ignorez, deviendra le président Snow, chef impitoyable du Capitole et ennemi redouté de Katniss à son époque. La seconde était un agacement quand à la publicité autour du livre qui parlait d’un autre geai moqueur qui avait retourné les jeux à son époque. Et s’il y a bien quelque chose qui m’ennuie c’est quand un auteur ou une autrice s’appuie sur le succès de ses précédentes œuvres pour en produire une nouvelle qui, si elle a des personnages différents, possède une intrigue similaire (coucou J.K. Rowling !)

Lors de ma lecture, pourtant, je n’ai pas eu le sentiment de découvrir une réédition de ce que j’avais déjà pu lire et c’est, je pense, ce qui m’a permis de ne pas passer une trop mauvaise lecture. Même si La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur est loin d’être le livre de l’année, il offre la possibilité de suivre un jeune homme dont on sait qu’il va mal tourner et je dois dire que c’est sans doute ce que j’avais le plus hâte de voir.

Coriolanus est un personnage intéressant, sa vie difficile dans un Capitole en pleine crise post-guerre et ses tentatives de conserver la réputation de son illustre famille m’ont permises de rapidement comprendre son mode de réflexion. Il s’attache à ses convictions, parfois un peu racistes ou suprématistes, et comme c’est lui le personnage principal on le suit facilement avec une petite grimace de « c’est pas bien ce que tu fais » mais l’envie qu’il continue malgré tout. Je pense qu’il aurait pu être poussé beaucoup plus loin, j’ai l’impression que Collins avait des scrupules pour lui et qu’il y a des tentatives excessives de le rendre gentil ou adoucir ses actes par des tonnes de justifications.

J’ai également bien apprécié sa cousine Tigris, qui à mon sens n’a pas suffisamment de place dans l’histoire et qui soulève des questions dont on n’a jamais de réponse (il y a quelques sous-intrigues qui, de cette façon, sont lancées mais se perdent en cours de route).

Par contre, un personnage important m’a relativement laissé de marbre et c’est bien triste parce qu’il s’agit de Lucy Gray, la tribu assignée au mentorat de Coriolanus. « Moissonnée » dans le même district de Katniss (ce qui m’a franchement paru bête parce qu’on connait bien ce district et comme Lucy Gray se présente comme une Covey, troupe de troubadours ambulants, elle aurait aussi bien pu venir de n’importe quel autre district pour donner le change), Lucy Gray se distingue grâce à sa connaissance du spectacle et son talent de chanteuse. Plus on apprend à connaître ce personnage plus j’ai eu l’impression que l’autrice tentait de forcer une aura de mystère autour d’elle, je ne pense pas que c’était nécessaire et c’est sans doute ce qui m’a le plus empêchée de m’attacher à elle.

Point de vue narratif, même si les Hunger Games ne sont pas encore tout à fait au point à cette époque, c’est assez rafraîchissant de n’être lié qu’au point de vue totalement extérieur de Coriolanus. On ressent alors ce que l’on ne voyait pas dans la trilogie originale, autrement dit les longs moments d’attente entre deux meurtres, la mise en scène des mentors pour gagner l’affection du public et obtenir des cadeaux pour leurs protégés et l’indifférence complète que peut parfois susciter les morts des prisonniers de l’arène.

Plusieurs chansons viennent de temps à autres aérer le texte et donner la possibilité d’une double lecture, on découvre notamment l’origine de la petite balade « The Hanging Tree » chantée par Jennifer Lawrence dans les films. C’était une note sympathique qui, je le sais, a fait spéculer beaucoup de lecteurs sur des théories selon lesquelles Katniss serait peut-être la descendante d’un.e des Covey (ce qui ne me semble pas invraisemblable du tout !).

En lui seul, ce livre n’est pas vraiment bon car il soulève des questions très intéressantes (notamment les débuts de modifications génétiques sur les animaux) qui ne sont pas suffisamment explorées. Certains choix de l’auteure ne m’ont pas convaincue et je pense qu’il faut surtout voir ce roman comme un bonus de la saga que comme une oeuvre à part entière.

Autrement, après la déception qu’avait été le dernier tome de la trilogie (dont je trouve l’adaptation au cinéma en deux parties très réussie) j’ai passé un bon moment de lecture, pas de quoi me marquer pendant des siècles mais franchement pas si mal. Je conseille donc La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur aux fans qui seraient curieux d’en découvrir plus sur ce monde dystopique tordu dans lequel ont grandi Katniss et Peeta et je vous laisse là jusqu’à samedi prochain !

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