Série

Ici tout commence

On est mercredi, heure de grande audience et je voulais vous parler aujourd’hui de mon occupation hebdomadaire. Certains d’entre vous ne sont pas sans savoir qu’en décembre dernier je réalisais mon stage de fin d’étude et, pour ceux qui n’auraient pas les détails, celui-ci se déroulait au sein de l’équipe de coordination d’écriture d’Ici tout commence. J’ai, durant six mois, suivi le rythme d’une quotidienne, c’est-à-dire d’une série qui ne prend jamais vraiment de pause et depuis février, j’aide à nouveau la coordination en renfort.

Les tâches d’un coordinateur d’écriture sont précises mais plutôt variées : on corrige les textes en vérifiant bien que les informations sur les personnages ne se contredisent pas, on visionne les épisodes en cherchant quelle partie fait le mieux honneur à l’intrigue en cours, on écrit les petits résumés qui tease à max que vous pouvez lire sur les plateformes de replay. Et j’en passe ! Une de mes missions préférées était de répondre aux questions des scénaristes sur les personnages ou les événements passés (ils en ont tellement dans la tête, on joue un peu les cartes mémoires). Car, si je peux me permettre de me vanter, sachez que pendant six mois je pouvais répondre à toutes les questions ou presque de « est-ce que bidule à son permis ? » à « mais on a déjà vu machin cuisiner des blinis non ?« . Et ça, c’est le genre de chose qui vous fait briller en société mesdames et messieurs.

Ici tout commence © TF1

Pour résumer un peu, Ici tout commence est une série qui passe tous les soirs sur TF1 à 18h30 (mais si vous manquez un épisode, ne vous inquiétez pas, il y a soit les super récap avant chaque générique, soit le replay). Partageant son univers avec Demain nous appartient qui est comme qui dirait, sa grande sœur au nom inspirant, l’histoire débute lorsque Maxime, jeune sétois aspirant cuisinier, quitte sa ville natale pour se rendre dans le prestigieux Institut Auguste Armand. Et depuis ce jour (il y a près d’un an et demi) il s’en est passé des choses (d’ailleurs, à l’heure où je vous parle de la série, Maxime l’a quittée, mais quand même, never forget).

Ma vision préconçue de la télévision avant le stage m’en donnait une idée un peu vieillotte : la plupart de mes connaissances n’ont pas de téléviseur, lorsque je tombe sur certaines chaînes, j’ai l’impression que les mêmes jeux télévisés durent depuis avant ma naissance et, à force de regarder Netflix, j’ai du mal à supporter les pubs pour de la crème fraîche en plein milieu d’un programme. Cependant, le visionnage d’Ici tout commence (ITC pour les intimes) m’a rapidement fait changer d’avis. Par ses thèmes et ses personnages, la quotidienne illustre des problématiques actuelles que je ne pensais pas voir si facilement s’épanouir sur le petit écran. J’étais touchée à l’idée que certains axes puissent être vus par des personnes qui n’avaient pas les mêmes sensibilités que moi et qu’ils les fassent réfléchir.

Ici tout commence © TF1

Après m’être imbibée comme une éponge d’ITC, j’ai réussi à mettre le doigt sur ce qui me semblait être à la fois la force et le danger de la série : le temps.

Avec son côté perpétuel, la série est un rendez-vous familial durant lequel on retrouve des personnages que l’on connaît comme de bons amis. D’une certaine manière, en allumant le téléviseur à heure fixe, on les invite un peu à notre table le temps du repas. C’est d’ailleurs grâce à cette récurrence de visages reconnus que les scénaristes peuvent se permettre de tenter des intrigues plus ou moins complexes, ou qui mettent leurs personnages dans des situations assez compromettantes. De manière assez logique : si on aime bien un personnage, peut-être lui pardonnera-t-on plus facilement ses écarts, et comment ne pas s’attacher à des personnages que l’on voit tous les jours ?

Paradoxalement, c’est à cause de cette durée caractéristique que les risques de trahir la continuité augmentent. Sur Ici tout commence, les intrigues s’étalent généralement sur deux ou trois semaines, il faut comprendre qu’il n’est pas possible de créer de nouveaux personnages pour chaque nouvelle intrigue, ils n’auraient de toute manière pas assez de temps pour gagner le cœur des spectateurs. Dans cette idée, comment faire pour enchaîner histoire sur histoire sur histoire sans se retrouver obligé de faire subir des traumatismes à un protagoniste qui sort juste de l’épreuve précédente ? Le nombre de personnages de la série (les élèves et le corps professoral, les amis et ceux dont on a développé petit à petit l’existence) aide déjà un peu. Deux intrigues à la suite mettent rarement en avant les mêmes acteurs et on prend soin de dérouler d’autres péripéties entre deux moments forts. Et ensuite, un autre élément -à la fois risque et opportunité- aide aussi.

Le nombre d’épisodes permet en effet de donner assez de temps pour redorer un personnage ou faire oublier un peu ce qu’il ou elle a vécu. Il se passe tellement de choses qu’on accepte qu’un personnage se soit remis plus vite que prévu ou que plusieurs malheurs surviennent successivement. La quantité des épisodes peut aussi représenter un frein puisque, si la série se prend facilement en cours de route, il est compliqué de la revoir dans son entièreté (sauf si vous êtes aussi motivés que nous autres les stagiaires de coordination). Pour cette raison, choisir la subtilité peut risquer que les spectateurs ne comprennent pas quelque chose et qu’ils n’aient plus l’occasion de le revoir. Les choses sont le plus souvent dites, si quelqu’un n’aime pas quelqu’un d’autre elle le vocalise et les personnages Marie-mêle-tout (je te regarde Rose) ou carrément fouille-merde (salut Charlène) aident à faire avancer des intrigues qui rameraient autrement plus longtemps.

Pour conclure cette micro-thèse, je voulais juste partager avec vous mes intrigues préférées : « Le secret des Delobel » où on découvre que Greg a été battu et l’est encore un peu et « Entre deux feux » où Lionel lutte contre des pulsions pyromanes. Mes personnages préférés sont Greg, Lionel, Olivia et Jasmine et si je devais en tuer deux, ce serait Louis et Guillaume. Ni vu ni connu, j’ai passé un petit morceau de vie le nez plongé dans cette série et j’ai adoré l’expérience et les équipes, c’est toujours une joie de tomber sur un épisode à la télé et j’ai beaucoup aimé écrire cet article ! J’espère que vous avez pris du plaisir à le lire, je vous souhaite à toustes un bon mois de mars !

Life goal – Générique Ici tout commence © TF1

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