Série

Séries Mania 2/2

Séries Mania est bel et bien terminé pour cette année, et pourtant je continue mon petit bonhomme de chemin de visionnage. Comme vous le savez maintenant, je ne « regarde » pas les séries : je les dévore. Aussi, vous ne serez pas surpris que je ne me sois pas toujours arrêtée aux deux premiers épisodes proposés par le festival. La dernière fois, je vous parlais de La Chronique des Bridgerton dont la saison deux passait en exclusivité à Séries Mania, et aujourd’hui, je vous amène d’autres sujets de procrastinations !

This is going to hurt © Sister

This is going to hurt, Royaume-Uni, Adam Kay, 7 épisodes de 45 minutes.

A l’étage obstétrique d’un hôpital public anglais, Adam Kay enchaîne les gardes et tente comme il peut de garder la tête hors de l’eau. Son cadre de travail n’aide pas, entre manque de fonds et de supervision, il essaye de ne pas penser à la pire chose qui pourrait arriver s’il ne fait le bon choix. Malheureusement pour lui, l’épuisement finit par le pousser à la faute.

Incarné avec brio par Ben Whishaw, Adam est un personnage principal attachant, dont le tempérament sarcastique au possible ne rend que plus humain. Pour l’accompagner à l’écran, on découvre l’incroyable Ambika Mod dont le personnage de Shruti Acharya est le premier gros rôle. Le duo avec Adam comme docteur junior/superviseur et Shruti en jeune interne crée un drôle d’équilibre : Adam vit l’incompétence de Shruti comme une perte de temps mais gagne grâce à la vigilance et le support de la jeune-fille.

L’écriture de cette série qui ne cherche pas à cacher sa brutalité m’a totalement séduite. Partagée par Lucy Forbes et Tom Kingsley, la réalisation nous aspire dans le quotidien infernal de l’hôpital, le spectateur se retrouve au même niveau que les protagonistes, tout aussi perdu dans un rythme effroyable. Si la violence du médecin envers ses patientes (des femmes enceintes !) semble tout d’abord impardonnable, on finit par comprendre que chaque instant passé dans une chambre et un instant perdu dans une autre. Oppressé par un fonctionnement obsolète, Adam devient machine, à ses oreilles les complaintes de celles qu’il soigne sont des jérémiades, et ses gestes, recoudre, ouvrir, césarienne, épisio, deviennent des lignes de code.

La série pose un constat froid et tristement réaliste sur le monde hospitalier d’aujourd’hui et questionne : comment peut-on espérer avoir de « bons » docteurs lorsqu’on laisse ceux-ci être vampirisés par le système ? Comment le personnel hospitalier peut-il bien faire son travail alors que c’est son cadre de travail lui-même qui lui met des bâtons dans les roues ?

Malgré ses images un peu sanguinolentes et sa déchirante honnêteté qui peuvent mettre à mal quelques spectateurs, je recommande cette série à tout le monde sans aucune réserve. C’est un véritable bijou.

HPI © Itinéraire Productions | Septembre Productions

HPI, France, Alice Chegaray-Breugnot, Stéphane Carrie et Nicolas Jean, 8 épisodes de 52 minutes.

Après This is going to hurt, j’avais besoin de souffler mais la vue du sang ne me faisait plus peur. C’est dans cet état d’esprit que j’ai découvert HPI dont la seconde saison sortait en avant-première au festival. N’ayant pas vu la première partie à ce moment-là, je n’ai pas eu le plaisir de me joindre à la cohorte de joyeux spectateurs, mais loin de baisser les bras, j’ai rattrapé ce que j’avais manqué.

Diffusée sur TF1 et sur Disney+ (drôle de combo !), HPI suit le quotidien de Morgane, femme de ménage haute en couleur au Haut Potentiel Intellectuel (d’où le titre, je sais, je vous impressionne) qui, par un enchaînement de circonstances, est embauchée comme consultante par la police de Lille. Incarnée à l’écran par Audrey Fleurot dont la côte semble en hausse permanente, notre apprentie enquêtrice ne respecte pas les règles fixées par son partenaire, le commandant Karadec (Mehdi Nebbou) et n’hésite pas à emmener ses enfants sur les scènes de crime.

Avant HPI, j’ignorais à quel point ça fait plaisir de voir une série se dérouler dans sa région et le revendiquer. Très loin de Ma part du gâteau et autre Roubaix, une lumière, le programme montre un angle coloré du Nord-Pas-de-Calais, car certes il y a beaucoup de morts, mais les décors sont chouettes et bien trouvés ! De là à dire qu’il y a un avant et un après HPI, il n’y a qu’un pas. Avec une touche d’humour irrésistible, un montage futé et des personnages attachants (j’ai un petit coup de cœur pour Ludo, l’ex de Morgane) la série a tous les ingrédients nécessaires à la recette d’une bonne soirée. Un bon moment de visionnage mais peu de matière à l’analyse, peut-être aurais-je plus de chose à dire après avoir vue la saison deux !

Drôle © Les filmes du Kiosque

Drôle, France, Fanny Herrero, 6 épisodes de 45 minutes.

Pour finir ce florilège de bonnes découvertes, me voici de retour sur Netflix avec Drôle. C’est avec ce nouveau bébé de Fanny Herrero que s’ouvrait Séries Mania, après le succès Dix pour cent, l’attente était grande et les rires prêts à être dégainés.

Au cours des six épisodes de la série, on ressent plusieurs types d’humour. Tout d’abord, il faut savoir que de vrais humoristes ont participé à l’écriture de la série. Il me semble que chacun des quatre personnages principaux tire ses vannes d’un professionnel du stand-up différent. L’humour n’est pas ton sur ton et lorsqu’on est loin de la scène, il ne s’absente pas pour autant. En effet, le comique n’est pas enfermé dans les séquences de représentation, il filtre à travers le quotidien des protagonistes, dans leurs rencontres avec les autres, ni vu ni connu. J’ai particulièrement aimé cette délicatesse : on voit les ressources des personnages, cette manière du rien qui finira peut-être par nourrir leurs sketchs.

Au-delà du comique, Drôle c’est aussi la vie pas toujours évidente de quatre jeunes à différents stades de leur art. Nézir, Apolline, Aïssatou et Bling respectivement incarnés par Younes Boucif, Elsa Guedj, Mariama Gueye et Jean Siuen sont si tangibles qu’on a l’impression de les connaître. Malgré leurs failles, il est difficile de ne pas les apprécier tant la série, en si peu d’épisodes pourtant, réussit à les manier avec finesse. Leurs aspirations, leurs victoires et leurs inquiétudes se chevauchent et s’obstruent parfois, car la ville de Paris est immense mais le monde de l’humour est petit, peut-être trop petit pour eux quatre à la fois.

Bien qu’un peu amère avec certains personnages, la première saison peut subsister en elle-même, j’espère tout de même que la seconde saison, déjà en écriture, verra le jour car Drôle m’a plu. Sans être un coup de cœur de l’ampleur de This is going to hurt, le visionnage de cette série (en une journée, presque du gavage) m’a conquise malgré tout et j’ai envie d’en voir plus, quitte à ne plus bouger de mon canapé.

Le cycle Séries mania 2022 se conclue ici, mais il me reste à découvrir et à terminer beaucoup d’autres séries alors il vaut mieux que je me mette au travail. Si vous êtes foncièrement en désaccord avec l’avis ci-dessus, n’hésitez pas à hurler, mais sachez tout de même que si vous êtes loin, je ne vous entendrais pas. Et ça c’est bien dommage !
À bientôt !

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