Lecture

Mes dernières lectures #1

Depuis mon article sur Betty, je me suis lancé le défi de ne plus aller où que ce soit sans un livre. Aussitôt que je termine une lecture, peu importe le temps qu’elle me prend, je débute un nouvel ouvrage. Je lis sans me presser, sans compter les pages ou les mots ou me morigéner en me comparant à la petite lectrice chevronnée que j’étais jadis. Je ne me force pas non plus à choisir des lectures difficiles, j’essaye simplement de varier un peu et de m’amuser beaucoup. Aujourd’hui donc, j’ai un peu plus de matière pour vous parler de mes dernières lectures, qu’elles datent de ce mois-ci ou soient un peu plus anciennes.

Je suis convaincu que, pour comprendre un homme, il faut regarder dans son dos. Le sillage. Les chemins empruntés et ceux qu’il a laissés de côté.

Ne t’arrête pas de courir – Mathieu Palain (2021)

La première des œuvres dont je vais vous parler aujourd’hui est le récit d’une rencontre, celle de Mathieu Palain, l’auteur et de Toumany Coulibaly, le sportif, dans le parloir d’une prison. Le livre s’intitule Ne t’arrête pas de courir et si ça n’avait pas été dans le cadre du prix du roman étudiant organisé par France Culture, je pense que je ne l’aurais jamais lu. Le sujet m’intéressait, mais j’imagine que c’est plutôt une question de motivation : j’aime lire des choses qui me font voyager un peu et Ne t’arrête pas de courir est trop proche de la réalité pour ne pas heurter son lecteur.

Dans ce livre, on suit le parcours de Palain à la recherche de lui-même, de ses propres intérêts pour le milieu carcéral. On suit aussi son amitié nouvelle avec Coulibaly mais surtout le parcours de ce dernier, des champs de courses à la maison d’arrêt. La loi ne peut pas juger un homme en prenant en compte tous les éléments de sa vie. S’il court, Coulibaly le fait aussi pour se sauver, mais sa vie dans la banlieue, ses mauvaises habitudes et ses éternelles dettes le rattrapent toujours.

Très naturellement, malgré le fait que cette histoire ne soit pas fictive et que je pouvais en vérifier les événements et conclusions d’une simple recherche google, je n’ai pas pu m’empêcher d’espérer un peu ; que le dénouement change, que le facteur humain s’efface au profit d’un Deus Ex Machina tout romanesque. J’ai fait une plongée dans un monde trop réel et j’ai malgré tout continué de rêver à une issue. Si vous l’avez lu, comment avez vous réagi ?

Regardez la lune, là-haut. Vous la distinguez nettement, n’est-ce pas ? C’est une réalité. Mais si le soleil se mettait tout à coup à briller, vous ne la verriez plus. Voilà un peu ce qui s’est produit. Moi j’étais la lune… lorsque le soleil a paru, il m’a éclipsée et pour Simon, ébloui, j’ai cessé d’exister.

Mort sur le Nil – Agatha Christie (1937)

Ma lecture suivante était un classique, mais pas un de ceux qui semble insurmontable à finir. Je parle bien entendu de Mort sur le Nil d’Agatha Christie. J’ai eu la chance de grandir avec pour occupation du samedi après-midi, les petites enquêtes de ce bon vieux Hercule Poirot à la télévision. C’était un délice partagé avec ma grand-mère au cours duquel on pouvait voir évoluer le petit belge à moustache et au sourire pincé en attendant avec impatience son coup d’éclat : « Je sais qui est le tueur, et je vais vous le dire ! » Cela dit, je n’avais jamais lu les aventures de Poirot, et je ne connaissais donc le génie d’Agatha Christie que de nom.

Mort sur le Nil commence avec fracas en nous montrant un couple amoureux et en le brisant de suite. Si vous ne l’avez pas lu, je ne peux que vous y encourager car les adaptations cinématographiques (notamment le dernier film de Keneth Branagh de cette année avec Gal Gadot et Emma Mackey qui franchement ne fait honneur ni aux personnages ni à l’enquête) ne valent pas forcément l’ambiance de ce roman policier qui n’a que très peu vieilli depuis sa première publication en 1937. En tout cas, moi ça m’a donné envie de me plonger allégrement dans la bibliographie d’Agatha Christie ! On se fait un marathon de lecture ?

Les feuilles d’automne ne tombent pas, elles volent. Elles prennent leur temps, errent un moment, car c’est leur seule chance de jamais s’élever dans les airs.

Là où chantent les écrevisses – Delia Owens (2018)

J’ai acheté Là où chante les écrevisses de Delia Owens, juste après avoir terminé Betty de Tiffany McDaniel. J’avais encore la petite indienne plein la tête et j’avais besoin de retrouver cette ambiance d’enfant issu d’un milieu difficile avec un fort lien avec la nature. Le roman de Delia Owens semblait parfait pour ça. On y retrouve Kya que les gens des environs appellent « la fille des marais », car après le départ de tous les membres de sa famille, la petite fille se retrouve à vivre seule en ces lieux assez inhospitaliers pour une enfant. Contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, personne ne lui vient en aide à ce moment-là et ce n’est que la main tendue de Tate, un garçon à peine plus âgé qu’elle, qui la sauve de sa condition.

Passionnée par la nature, Owens transmet sa sensibilité à son personnage principal qui devient très attachant pour le lecteur. Malheureusement, le roman est construit autour d’une enquête : dès les premières pages, on apprend la mort d’un habitant de la ville voisine aux marais et le livre construit petit à petit les années entre l’abandon de Kya par sa famille et sa rencontre avec la victime de ce qui semble à première vue être un meurtre. J’aurais préféré que cette partie soit absente du livre car pour moi, elle n’apporte rien. La force du roman réside bien plus dans le récit des difficultés de Kya ou encore du lien qui unit la petite fille avec la nature et l’intrigue liée au meurtre est très prévisible voire assez grossière.

Avec le recul je me dis que la lecture de Betty avant celle de Là où chantent les écrevisses m’a profondément marquée et que, n’étant pas au même niveau, le second livre en a beaucoup subi la comparaison. J’ai hâte tout de même d’en voir l’adaptation prévue pour le 17 août prochain, j’espère qu’elle ne sera pas trop édulcorée. Nous en reparlerons !

© Simon Zytka

Laurence s’accorda encore cinq minutes à rester ainsi, bien au chaud, les mains sur les écailles étroites et tendres du nez du dragon.
– J’espère ne jamais t’avoir rendu malheureux, mon ami, dit-il doucement.
– Jamais, Laurence, dit tout bas Téméraire.

Téméraire tome 1 : Les dragons de sa Majesté – Naomi Novik (2007)

Pour ma dernière lecture en date, j’ai sorti de son placard un livre d’occasion qui y traînait depuis plusieurs mois. Pour la faire courte, je suis tombée amoureuse de Naomi Novik après la lecture de deux de ses romans, Déracinée d’abord puis l’incroyable La Fileuse d’argent ensuite. Dans ces deux ouvrages, Novik travaille sur une forme de fantasy entre légende et conte et totalement conquise, j’avais hâte de lire sa première œuvre, un peu monumentale puisque composée de neuf tomes, Téméraire. Il me reste encore huit volumes à lire mais voici déjà le résumé du premier, pour vous donner une idée : Alors que les guerres Napoléoniennes font rage, la vie de Will Laurence, capitaine dans la marine, est bouleversée par la découverte d’un œuf de dragon sur un bateau ennemi. Propulsé au rang de pilote de dragon sur le tard, Laurence est loin de s’attendre à l’amitié qu’il va développer avec son compagnon ailé ni aux surprises que lui réservent celui-ci.

Dans un style un peu belliqueux que je n’ai pas l’habitude de lire, Téméraire m’a séduite par la simplicité de son aventure. On est loin ici des thèmes et narrations complexes que l’écrivaine mettra en place quelques années plus tard dans La Fileuse d’argent mais la lecture n’en est pas moins agréable. Laurence est un personnage rendu très rigide par ses années dans la marine que les coutumes des pilotes de dragons chamboulent. Il comprend au fur et à mesure que ses deux mondes ont beaucoup à gagner à s’unir un peu plus et que lui-même à de nombreuses choses à apprendre. Sans trop vous en dévoiler, j’ai adoré qu’ici les dragons puissent parler au même titre que les humains. Plus que de grosses bêtes sympas avec leurs pilotes, les dragons deviennent de véritables personnages avec des sensibilités pour les arts, les soins, et toutes sortes d’amusements communs… Et une fois leur taille adulte atteinte ce n’est pas un seul homme qui leur monte sur le dos, mais toute une armada armée qui gravite comme l’équipage d’un vaisseau aux rôles bien huilés.

J’ai adoré la relation de Laurence et Téméraire qui ne fait que se renforcer avec le temps et la sensation de lire une épopée classique. Avec le second tome tout prêt sur ma liseuse, je ne devrais pas tarder à me replonger dans cette histoire dragonesque et peut-être, qui sait, me préparer à un jour la voir sur les écrans (Peter Jackson en avait les droits qui sont revenus à Naomi Novik entre temps, alors pourquoi pas quelqu’un d’autre ?)

Et vous, que lisez-vous en ce moment ?

2 réflexions au sujet de “Mes dernières lectures #1”

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