Film

La Mission

Johanna Leonberger (Helena Zengel) et Capitaine Jefferson Kyle Kidd (Tom Hanks) dans La Mission, co-écrit et réalisé par Paul Greengrass – Copyright Bruce W. Talamon/Universal Pictures/Netflix

J’ai profité de l’été pour me régaler de nombreux visionnages, le plus récent est le très savoureux film de Paul Greengrass sorti en 2020, La Mission. Ce long-métrage est un western où l’on retrouve un Tom Hanks impressionnant dans le rôle de l’honorable Captain Kidd, vétéran de la guerre de Sécession dont le nouveau métier consiste à vagabonder de ville en ville pour lire les dernières informations. Bien vite, la jeune Helena Zengel, dont j’ai très hâte de découvrir la filmographie complète, le rejoint dans le rôle de Johanna (aussi prénommée Cigale), fille de colons allemands enlevée et élevée par des amérindiens. La fillette est incapable de parler ou de comprendre l’anglais et, tout ce que l’on sait d’elle, est qu’elle aurait de la famille pour la recueillir à l’autre bout de l’état.

Par un concours de circonstances hasardeuses mais assez bienheureuses du point de vue du spectateur, Kidd se retrouve en charge de ramener Johanna chez elle. Au cours d’un voyage long de plusieurs semaines, il nous est donné de voir la naissance d’une complicité entre les deux personnages  ainsi que les nombreux dangers auxquels ils devront faire face.

La Mission, co-écrit et réalisé par Paul Greengrass – Copyright Bruce W. Talamon/Universal Pictures/Netflix

Passionnée que je suis par ce visionnage, je vous propose un petit point historique pour éclaircir nos connaissances communes (de manière très vulgarisée car je ne suis pas une experte non plus.) Comme vous le savez sans doute, la Guerre de Sécession est un conflit américain qui a eu lieu de 1861 à 1865. Et pour vulgariser encore plus loin, la « sécession » c’est quand un territoire décide de se dissocier du reste de l’état et d’en refuser l’autorité. C’est ce qui est arrivé pour onze états du sud des USA lors de l’élection d’Abraham Lincoln dont la volonté était de mettre fin à l’esclavage. Cette guerre civile oppose l’Union Nordiste, dirigée par Lincoln, à la Confédération Sudiste dirigée par Jefferson Davis qui s’oppose notamment à l’abolition de l’esclavage.

L‘action de La Mission (dont le titre original News of the World claque quand même un peu plus) se déroule au Texas, un des états confédérés (faisant donc partie de l’alliance sudiste) alors que l’abolition de l’esclavage est mise en place. La guerre est censée être finie mais on ressent que l’insurrection des populations rencontrées par les personnages n’est pas vraiment terminée. L’évolution imposée par la victoire des nordistes est montrée parfois comme une forme de brutalité pour la population perdante. Les villes et villages traversés par Kidd et Johanna sont représentés comme ils sont, sans jugement et en constatant le point de vue d’une classe ouvrière et agricole démunie et en difficulté certaine. On comprend alors d’autant plus la joie qu’apporte Kidd en lisant des articles détenteurs d’espoirs et d’égalité issus de ses précieux journaux.

Deux points m’ont particulièrement intéressé dans le film ; le fait que Kidd soit un vétéran ayant combattu parmi les sudistes (il est originaire de San Antonio, au Texas) mais dont on comprend qu’il n’est qu’un appelé parmi tant d’autres, comme il y en a eu des milliers dans chaque guerre. Et le fait que Johanna perçoive le peuple Kiowa comme sa vraie famille et ne comprenne pas pourquoi on doive l’amener dans une autre famille dont elle ignore tout.

L’image est belle sans être extravagante, le traitement de la lumière m’a particulièrement plu. Face à la caméra, le Texas austère s’offre dans toute sa grandeur, son désert beau et aride, les éveils solitaires dans les herbes hautes ou les plans beaucoup plus agités du bétail vu du dessus. Somme toute, un film qu’on aurait dégusté au cinéma si Netflix n’avait pas eu la main mise sur sa sortie, ah, ces petites choses que l’on regrette.

Au plaisir de vous croiser dans les salles obscures et de célébrer nos découvertes cinématographiques avec toute la chaleur humaine dont nous avons manqué cette année.

La Mission, co-écrit et réalisé par Paul Greengrass – Copyright Bruce W. Talamon/Universal Pictures/Netflix

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