Film

Goodbye Christopher Robin & Christopher Robin

Photo par Annie Spratt

Comme évoqué dans mes dernières envies de visionnage, j’avais prévu de regarder Goodbye Christopher Robin. Je prévoyais un visionnage tout doux et un poil mélancolique avec des petits animaux en peluche qui me rappelleraient les bons moments passés devant Paddington un et deux. Que nenni ! Je me trompais lourdement en imaginant que ce long-métrage de Simon Curtis allait m’abreuver de mignonnerie. Il m’a appris des choses, certes, mais ne m’a pas plongé dans une ambiance duveteuse de plaid et de chocolat chaud.

Heureusement pour moi peut-être, j’avais prévu d’enchaîner Goodbye Christopher Robin sorti en 2017 avec le plus sobrement intitulé Christopher Robin (ou « Jean-Christophe et Winnie » pour la version française) live action Disney sorti l’année suivante et réalisé par Marc Forster.

Ces deux films produits à très peu de temps d’intervalle et quasiment munis du même titre me semblaient tous deux traiter du même thème : Winnie L’ourson, Christopher Robin (ou Jean-Christophe en VF) le petit garçon ami de l’ours, et potentiellement A. A. Milne, le père du véritable Christopher Robin et auteur des livres Winnie L’Ourson. Je n’avais pas spécialement creusé les synopsis avant les visionnages. Vous commencez à me connaître, sauf rares exceptions, j’essaye généralement de profiter de la découverte du film en cherchant le moins d’informations en amont. D’ailleurs si vous voulez un jour me conseiller des films n’hésitez pas à juste m’en dire deux-trois mots ; j’en serai comblée.

Contrairement à ce que je pensais alors, les deux films sont diamétralement opposés dans leurs thèmes et dans l’histoire qu’ils dépeignent :

  • Goodbye Christopher Robin suit le processus d’écriture d’A.A. Milne et sa relation avec son fils, l’histoire suit les faits réels en les romantisant un peu et le scénario est assez réaliste.
  • Christopher Robin de son côté, abandonne totalement les faits réels pour suivre le petit garçon du livre original : il a grandit et il vit désormais avec sa femme et sa fille à Londres, en ayant oublié tout de ses pelucheux amis d’enfance.

Autrement dit, difficile de comparer directement les deux productions ! Je recommande cela dit de les regarder à la suite l’une de l’autre car j’ai appréciée l’expérience.

Image issue de Goodbye Christopher Robin (2017) réalisé par Simon Curtis.

Goodbye Christopher Robin

A l’affiche de Goodbye Christopher Robin on retrouve Domnhall Gleeson dans le rôle de A. A. Milne, dit Blue, Margot Robbie dans le rôle de Daphne, son épouse, la délicieuse Kelly MacDonald dans le rôle d’Olive, la nourrice et finalement (bien qu’on le voit assez peu) Alex Lawther (que j’avais adoré dans The End of The F***ing World) dans le rôle de Christopher Robin lui-même. Et c’est après la qualité du casting que les choses divergent entre les deux films car en effet Goodbye Christopher Robin se concentre sur une chose : les faits réels. Bien sûr, ceux-ci sont un peu romancés mais globalement (Wikipédia à l’appui) ce n’est pas trop éloigné de la vérité.

C’était intéressant pour moi de commencer par ce film car, n’ayant jamais beaucoup regardé d’aventures de Winnie L’Ourson, je connaissais assez peu l’univers créatif initial. Plus important que Christopher ou que Winnie, le personnage de Blue est, dans ce premier film, un homme complexe qui essaye de se remettre du traumatisme de la guerre à travers un exutoire : ici l’écriture d’un livre pour enfant.

Le film m’a un peu rappelé Tolkien de Dome Karukoski (2019) que je n’avais pas spécialement apprécié mais qui suivait lui aussi la vie d’un écrivain de la même période (J.R.R Tolkien pour ceux qui ne l’avaient pas compris). Marqués par la première guerre mondiale Tolkien comme Milne voient leurs traumatismes ressurgir à l’idée que leurs fils respectifs soient enrôlés à leur tour (élément qui n’est malheureusement pas très exploités dans les films).

Si j’ai passé un meilleur visionnage avec Milne qu’avec Tolkien je dois avouer que je suis un peu restée sur ma faim. Le choix de suivre Blue plutôt que son fils ou qu’un ours en peluche est justifié mais c’est un parti pris qui ne tient pas tout au long du film. On finit par quitter Blue et ses états d’âme pour se recentrer sur la relation entre le petit Christopher, hanté par une célébrité rattachée au livre de son père, et sa nourrice, puis on retourne vers la famille, puis on repasse sur Blue, puis sur Christopher et ainsi de suite. Étant donnée qu’une des idées principales du film est que Milne ne se rend pas compte du cadeau empoisonné qu’il a fait à son fils en créant un personnage à son nom, je pense que j’aurais plus apprécier de ne suivre que lui et sa vision faussée du monde qui l’entoure.

C’est assez paradoxal car j’ai adoré Kelly MacDonald en Olive, j’ai retrouvé en elle toute la douceur découverte dans Nanny McPhee, mais la narration ne m’est pas parue assez équilibrée et, si le petit Christopher Robin était très mignon, j’ai trouvé son passage de l’enfance à l’âge adulte tellement rapide qu’il en était bâclé. J’ai vraiment décroché du film à ce moment là et, malheureusement, même s’il m’a permis d’apprendre beaucoup de choses, sa fin ne m’a pas autant touchée qu’elle aurait pu. (Pourtant ça se terminait sur des cartons informatifs, et dieu sait comme les cartons informatifs sont efficaces sur la spectatrice impressionnable que je suis !)

Image issue de Christopher Robin (2018) réalisé par Marc Forster

Christopher Robin

Heureusement pour Winnie comme pour moi, ce visionnage appréciable mais « sans plus » a été suivi par un second film, une véritable réinvention de Winnie L’Ourson par Disney : Christopher Robin. Avec à la réalisation Marc Forster (Neverland, World War Z) et à l’écran Ewan McGregor et Hayley Atwell, le film promettait lui aussi beaucoup.

Après le film de Curtis, je dois dire que je ne m’attendais pas à de la fiction pure et dure. On pourrait croire en le regardant que le film débute dans le monde imaginaire de Christopher Robin (en se demandant alors s’il s’agit du Christopher réel ou du personnage de papier qu’il a inspiré) et puis petit à petit on se questionne : est-ce que ce monde est réellement imaginaire ou n’a-t-il simplement été découvert que par un petit garçon ?

Là où, dans Goodbye Christopher Robin, Winnie et ses amis n’étaient figurés que par des peluches sans vie, ils apparaissent ici dans une splendeur toute de fourrure et de CGI. Winnie, le plus attachant d’entre eux à mon sens, est doublé par Jim Cummings (dans une VO que je vous recommande chaleureusement) et est tellement bien caractérisé que je pourrais le regarder pendant des heures sans me rendre compte du temps qui passe.

Le long-métrage en lui-même est une fable sur l’âme d’enfant et l’âge adulte, entre nostalgie, rêves oubliés, et souhaits qu’on a parfois peur de formuler dans le « monde des grands ». McGregor brille en Christopher accaparé par ses affaires et dont le quotidien tranquille est bousculé par l’arrivée soudaine de son ami d’enfance.

On retrouve dans le film une des forces des livres Winnie L’Ourson, à savoir de délicieuses citations, parfait mélange de naïveté et de réflexion sur la vie. Bien sûr ces citations sonnent toujours mieux en anglais.

« It appears I have to go forwards, where I’ve never been, instead of backward, where I have. »

A l’image, les teintes un peu pâles de l’univers de Winnie que l’on découvre au début du film rappellent la visite d’une cabane d’enfance oubliée. J’ai particulièrement apprécié ce choix artistique qui contraste la flamboyance des couleurs à laquelle Disney peut nous avoir habitué par le passé. Ce traitement des couleurs permet d’avoir une véritable évolution visuelle dans le film, à mesure que Christopher replonge dans les joies de l’enfance et les souvenirs enfouis de sa jeunesse.

En conclusion, j’ai trouvé en ce visionnage plus qu’un divertissement mais une véritable dose de réconfort conférée non seulement par les adorables créatures de la forêt des rêves bleus mais par l’univers Londonien dans lequel on suit leurs aventures. Le scénario est bien dosé pour rendre le point de vue de Christopher compréhensible et les fabulations de Winnie irrésistibles. Alors, si comme moi vous aviez besoin de plus d’oursons Londonien adorables après (ou avant) le visionnage des Paddington, peut-être que Christopher Robin est la bonne solution.

« I always get to where I’m going by walking away from where I have been »

Image issue de Christopher Robin (2018) réalisé par Marc Forster

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