Série

Mrs. Fletcher

Mrs. Fletcher, créé par Tom Perrotta – © HBO

Mrs. Fletcher est une série entamée grâce à deux raisons précises et un lot de hasard. La première raison est que je cherchais une nouvelle série à regarder en mangeant ma pizza (dans l’idée toujours très logique de regarder un épisode de série plutôt qu’un film, bien plus long, pour finalement enchaîner quatre épisodes et quelques et de se coucher à 2h48). La seconde est que j’ai découvert Kathryn Hahn dans Wanda Vision, et que j’avais envie de la voir plus, parce qu’elle est vraiment géniale.

Le hasard tient du fait qu’ayant perdu l’accès à Netflix et à Prime je me suis retrouvée à errer sur OCS, en vraie reine déchue du streaming légal, où j’ai retrouvée cette série qui m’avait fait de l’œil pendant l’écriture de mon mémoire mais que j’avais eu la bravoure d’ignorer jusque là.

L’histoire suit Eve Fletcher, une quadragénaire divorcée qui se retrouve totalement démunie après le départ de son fils unique, Brendan, pour l’université. Désœuvrée, Eve se cherche de nouveaux passe-temps pour s’occuper, rejoignant un groupe d’écriture et se découvrant un impressionnant appétit pour la pornographie et les fantasmes qui en découlent.

Vous l’aurez compris, Mrs. Fletcher contient donc des scènes assez matures. J’ai notamment été surprise par l’apparition d’images pornographiques dans la série. Habituellement, au cinéma ou à la télévision, quand un personnage regarde du porno, on voit rarement son écran, on comprend ce qu’il regarde grâce au son, pas à l’image. Ici, l’exposition aux images, courte mais présente, donne une autre relation avec le personnage.

Mrs. Fletcher, créé par Tom Perrotta – © HBO

En plus de suivre Eve, la série permet également de découvrir le quotidien de Brendan à l’université, ce personnage est joué par Jackson White, un jeune acteur (fils de Katey Sagal, que j’ai envie de retenir comme étant la voix originale de Leila dans Futurama) que je ne connaissais pas mais dont je serai ravie de découvrir le premier court-métrage en tant qu’auteur-réalisateur bientôt d’après IMDB. Alors que le personnage d’Eve est attachant et ouvert, son fils est, au contraire, une des petites brutes de lycée qui démontre tout son retard culturel dès l’arrivée en études supérieures. C’est d’ailleurs un autre élément qui m’a plu, dans l’idée qu’une bonne personne peut élever des enfants affreux sans forcément s’en rendre compte. Et, si Brendan est loin d’être parfait ; ses passages dans la série étaient pour moi comme la douce attente de sa chute inévitable.

Outre l’horripilant Brendan, Mrs. Fletcher offre une multitude de personnages riches et variés particulièrement plaisants à découvrir. Je relèverai notamment le délicieux Julian (Owen Teague) qui m’a tout de suite charmée, la douce professeure d’écriture Margo Fairchild (Jen Richards) et la dynamique Amanda (Katie Kershaw) dont j’ai adoré la représentation en bordure de piscine.

Avec une représentation multiple : des personnages cis et trans, une évocation de tout type de sexualité, la mise en avant sans jugement de tout types du corps (de la silhouette généreuse d’Amanda au corps nu de quadragénaire bien conservée d’Eve), la série aurait pu facilement tomber dans les clichés du programme qui veut « trop bien » faire. Mrs Fletcher n’utilise pas ses personnages comme une vitrine pour appâter les spectateurs mais les tisse aux nœuds des intrigues, nourrissant les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres.

Je crois que j’ai souvent soupiré de bien-être en disant « mais ça c’est tellement chouette comme représentation ! » devant une séquence ou une autre. Et je pense sincèrement que les pistes de représentation et de réflexion lancées par cette mini-série qui est un peu passée à la trappe au moment de sa sortie (en France en tous cas) sont plus intéressantes que pour d’autres séries plus plébiscitées en ce moment.

Le principal écho négatif que j’ai eu de la série (après en avoir lourdement fait la publicité) est en rapport à sa longueur. En effet, Mrs Fletcher est comme un de ses petits plats de restaurant gastronomique que l’on dévore en deux bouchées en se retenant difficilement de demander du rab. Terminée en sept épisodes, avec une fin plutôt ouverte, la mini-série entre parfaitement dans mes critères mais laissera certains spectateurs sur leur faim. A ceux-ci je recommanderai le livre écrit par Tom Perrotta avant qu’il ne se lance dans la création de la série, soit sous le titre original Mrs. Fletcher, soit sous l’audacieuse traduction Mrs. Fletcher ou les tribulations d’une MILF. J’ai personnellement beaucoup de curiosité à tenir cet objet entre mes mains.

En attendant donc cette prochaine lecture, je vous souhaite une superbe semaine et de voir le monde avec autant d’envie qu’une quadragénaire en manque de sexe.

Mrs. Fletcher, créé par Tom Perrotta – © HBO

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s