Lecture, Série

La cantine de minuit

Photo par Susann Schuster

Il y a quelques temps, mon royaume physique a subit le terrible siège d’un ennemi invisible, autrement dit, j’ai attrapé un gros coup de froid. Si gros coup de froid que je me suis retrouvée alitée quatre jours entiers avec l’incapacité de faire quoi que ce soit mais le réconfort de pouvoir lire tranquillement sous la couette.

J’ai eu de la chance de me voir prêter plusieurs livres, et plus notamment, les deux premiers tomes du manga La cantine de minuit. Y a-t-il plus doux échange que de partager des livres qu’on aime avec une personne malade pour l’occuper ? Je n’ai pas forcément l’habitude de faire un article sur quelque chose que je n’ai pas fini mais voilà : cette série de Yarō Abe commencée en 2006 fait actuellement 22 tomes mais comme il s’agit plutôt d’un recueil de petites histoires que d’une continuité réelle, je me suis dit que ce n’était pas si grave. Ne me flagellez pas si vous pensez le contraire.

Dans une atmosphère intime, parfois mélancolique mais toujours réconfortante, on découvre le restaurant du « patron ». Dans cet établissement installé à Shinjuku, un quartier de Tokyo, on retrouve un petit univers bien différent de nos normes de restauration. Tout d’abord cette « cantine de minuit » est ouverte (vous l’aurez deviné) entre minuit et sept heure du matin, et possède un menu quasiment vide. Pourquoi ? Et bien parce que le chef autorise à ses clients de commander tout ce qu’ils veulent tant qu’il en a les ingrédients.

Cet espace nocturne nous révèle les histoires des nombreux clients de la gargote, touchantes et colorées, douces ou amères. On s’attache bien vite à ce petit coin secret qui ne semble se révéler qu’à nous. Comme je le disais plus tôt, il n’y a pas spécialement de continuité, chaque chapitre (généralement nommé selon le plat qui y apparait) peut se lire de manière autonome tant qu’on connait le postulat de base. Pourtant, c’est assez agréable de voir certains clients réguliers réapparaître de temps en temps, toujours en train de déguster leurs plats préférés ou inspirés par d’autres à essayer quelque chose de nouveau.

Image issue du manga La cantine de minuit de Yarō Abe.

Je ne sais pas si beaucoup de monde le sait, mais je suis une grande amoureuse des programmes de cuisine que je dévore sur les plateformes de streaming comme s’il s’agissait de chips au fromage. Les choses qui se rattachent à la nourriture, qui m’ouvrent de nouvelles connaissances sur des plats inconnus ou qui me donnent l’eau à la bouche, j’ai bien du mal à y résister. C’est le cas de La cantine de minuit qui décrit très bien les plats et le délice qu’ont les clients à s’en repaître. Il y a une poésie dans ce manga, qui raconte parfois comment un plat commandé par un personnage lui évoque souvenir heureux. Personnellement, ça me donne terriblement envie de cuisiner pour mon entourage et de me régaler auprès d’eux.

C’est peut-être une bonne chose d’ailleurs que ce manga m’ait tant donné envie de faire à cuisiner car il possède son propre livre de recettes ! De quoi donner vie aux plats japonais présents entre les pages. Le parfait livre à glisser dans ma liste de Noël.

Autre que l’univers et l’ambiance, j’ai beaucoup apprécié la simplicité des dessins. Seules les premières pages des différents tomes sont en couleur et le reste, dans un noir et blanc classique, offre une représentation sans fanfreluche de la vie nocturne de Shinjuku. Les personnages ont des visages caractéristiques et on les reconnait sans aucune difficulté d’une histoire à l’autre, le « patron » avec sa cicatrice de yakuza en impose, tout en étant peut-être le plus attachant de l’histoire : il voit des centaines de personnes passer devant lui mais ne s’y mêle jamais vraiment, se contentant d’apporter un support culinaire sans faille.

Je conseille donc sans vergogne aucune ce manga à toutes les personnes qui s’intéressent au Japon, à la cuisine, ou qui aime simplement les histoires un peu mélancolique par tranche de vie et, si vous n’êtes pas sûrs que le style de dessin vous plaise sachez que La cantine de minuit a été adaptée sur Netflix sous le nom de Midnight Dinner et de Midnight Dinner : Tokyo Stories, une série à regarder en VO dont je vous parlerai peut-être un de ces jours. En attendant, bon appétit !

Image issue du manga La cantine de minuit de Yarō Abe.

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