Série

Barry

Barry créé par Alec Berg et Bill Hader – Image promotionnelle – © HBO

Au théâtre, la méthode Stanislavski consiste à ce qu’un acteur puise dans ses propres émotions et ses propres souvenirs pour incarner un personnage. Parfois redouté par les interprètes, ce travail psychologique vise à toucher du doigt une forme de vérité dans le jeu. Ne serait-ce pas particulièrement pratique alors d’avoir vécu des choses extraordinaires dans lesquelles piocher les émotions les plus complexes ?

Dans la série Barry, un ancien marine effacé devenu tueur à gages, Barry Berkman voit sa vie être révolutionnée lorsque, pour un contrat, il se retrouve malencontreusement embarqué dans un cours de théâtre semi-amateur. Sa nouvelle passion l’aide petit à petit à se défaire d’une réalité sanglante qui ne semble pas prête à le laisser vaquer à d’autres occupations. Petit à petit, Barry va devoir briser les chaînes qui le retiennent d’une manière tantôt comique, tantôt tragique.

Dans ma frénésie récente de visionnage de séries, Barry s’est présenté à moi au détour d’un chemin et je n’en attendais pas grand-chose. Je n’avais pris connaissance que d’un pitch succinct du scénario et je me suis plongée dans les eaux macabres de cette série avec beaucoup de délice.

Ce fut tout d’abord un plaisir de retrouver Bill Hader dans le rôle titre, c’est le genre d’acteur que j’ai l’impression de ne pas voir assez, alors même que sa page IMDB démontre qu’il est très prolifique. Il fait notamment beaucoup de doublage, ce qui m’impressionne toujours, en particulier quand on découvre qu’il est à la fois la voix originale de Peur dans Vice-Versa et de Flint Lockwood dans La Tempête de Boulettes Géantes. Ce fut aussi un plaisir de le retrouver dans le rôle de créateur et producteur de la série, depuis Fleabag et Girls, j’aime beaucoup l’idée d’un créateur/acteur dans sa propre production, c’est une chose qui a souvent été critiquée par le passé et j’aime le concept de travailler dans le milieu du cinéma ou de la série sans s’enfermer dans un rôle spécifique.

Barry créé par Alec Berg et Bill Hader – © HBO

Deux saisons de Barry sont actuellement visibles sur OCS, et une troisième et quatrième saisons sont prévues. J’ai englouti la première saison assez rapidement, pour ne pas dire en une journée (en même temps, les épisodes font entre 25 et 30 minutes, ça va vite) et je l’ai adorée et puis, je suis arrivée à la saison deux. et les choses se sont gâtées un peu.
Barry n’est pas une mauvaise série cependant, je me suis rarement sentie aussi frustrée dans mes visionnages récents que devant cette seconde saison car, là où la saison 1 est conçue pour fonctionner seule, la saison suivante est réfléchie en ayant conscience que la série est renouvelée jusqu’à la saison 4.

Dans la première saison, je me suis rapidement attachée à Barry et à ses rêves un peu bizarres pour un tueur à gages. D’autres personnages, au contraire, n’ont pas vraiment gagné ma sympathie (il faut dire que je suis facilement ennuyée par les personnages servant d’obstacle à l’intrigue.) Pour les pointer du doigts comme une enfant malpolie il y a : Fuches (joué par Stephen Root) qui gère les contrats d’assassin de Barry et que je ne peux plus voir en peinture, le metteur en scène, Gene Cousineau, (joué par Henry Winkler) qui donne les pires conseils de jeu mais qui s’améliore dans la saison deux et Sally (jouée par Sarah Goldberg) qui est aveugle à tout ce qui ne concerne pas sa petite personne (et j’ai vraiment cru que j’aimerais Sally, mais non en fait, elle me fatigue.)

Si ces personnages évoluent au cours de la première saison, ils stagnent lors de la seconde et empêchent Barry d’avancer. Les problématiques de la première saison fonctionnant bien (Barry est tueur mais il veut être acteur pourtant on lui demande de tuer), j’ai l’impression qu’elles ont été reprises et réarrangées pour la saison deux et je crains un peu qu’il en soit de même pour les saisons trois et quatre (vu comment c’est parti.) Au final, j’ai commencé la série avec beaucoup de plaisir et je l’ai terminée un peu blasée. Je pense malgré tout que je regarderai la saison trois avec l’espoir d’un regain d’originalité (après tout, rien n’est perdu, la série reste très drôle) et d’une évolution réelle, sans retour en arrière. La série a de bons côtés et la capacité de redresser la barre, pour cela je vous la recommande tout de même, ne serait-ce que pour vous faire votre propre idée.

Et puis, si cet argument n’est pas suffisant je vous pousse à regarder la série pour son plus gros avantage : le personnage étrangement adorable de NoHo Hank (joué par le très chouette Anthony Carrigan.) Il incarne toute la douceur que l’on pourrait imaginer dans un mafieux tchétchène fan de messagerie instantanée, de Pinterest et de babka. Si beaucoup de personnages m’ont agacée, Hank était vraiment la bonne surprise et j’espère que vous aimerez le découvrir dans cette série pleine de moments poignants, de boulettes absurdes, d’armes à feu meurtrières et de levés de rideaux.

Barry (Bill Hader) et NoHo Hank (Anthony Carrigan) dans Barry créé par Alec Berg et Bill Hader – © HBO

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