Film

Shrek

Noël approche et il est temps de replonger dans une enfance trop lointaine. Le mois de novembre s’est montré particulièrement pénible cette année, avec son mauvais temps, ses mauvaises nouvelles, son cafard ; tous mes espoirs reposent désormais sur le mois de décembre. Netflix a peut-être entendu ma détresse car il m’a offert récemment ce dont j’avais inconsciemment besoin.

Shrek 2 (2004) – © DreamWorks

En effet, alors que je m’enfilais tous les Shrek comme des chocolats de l’avent, l’idée de cet article m’est venu. Motivée par l’appréciation de ces films aussi bien à quatre qu’à vingt-quatre ans, je m’absorbe donc dans le décorticage de l’ogre vert.

Il faut savoir que Shrek c’est, au début, un livre illustré de William Steig parut en 1990. D’abord passés entre les mains de Spielberg, les droits d’adaptation sont finalement obtenus par Dreamworks qui se lance dans ce qui deviendra la franchise à succès que nous connaissons aujourd’hui. En plus de ses quatre films principaux, de ses nombreux court-métrages pour Halloween et Noël, du Spin-off pour le Chat Botté et de l’adaptation en comédie musicale, la série Shrek obtiendra d’ici quelques années un reboot qui devrait être dirigé par Chris Meledandri (Moi, moche et méchant). De quoi faire couler l’encre. Aujourd’hui je ne parlerai que des quatre longs-métrages « de base » en posant la question philosophico-shrekiste : pourquoi Shrek plait-il autant ?

Pour commencer, partons des bases : l’univers. Shrek évolue en effet dans une monde de contes de fée qui est l’un des premiers gros points forts des films. En suivant notre anti-héros dans ses péripéties, on retrouve des personnages que l’on connaissait déjà sous d’autre formes et qui se dévoilent sous un nouvel angle humoristique. Il est clair que les contes de fée ont fait leurs preuves et que nombreuses œuvres (Once upon a time, Grimm, Le 10e Royaume, …) ont su surfer sur la vague, seulement Shrek n’offre pas seulement un conte de fée ou un mélange millésimé des plus belles histoires mais un point de vue sur des personnages que l’on connait bien, chamboulés par la lourdeur de notre ogre.

Shrek (2001) – © DreamWorks

Niveau animation, Shrek est selon moi l’un des plus marquant anti-héros de sa génération (d’ailleurs il marque un tournant). Un an plus tôt, on découvrait dans Kuzco, l’empereur mégalot, un personnage principal aux habitudes irritantes et à la manière caractéristique de ne pas encourager l’amour et le partage (saintes valeurs de Disney). La force de Kuzco et de Shrek, chacun dans leurs catégorie (pète-cul condescendant pour le premier, cul qui pète grincheux pour le second) est de se révéler attachant dans leur antipathie. En tant qu’aspirante-scénariste, je suis admirative devant la capacité des films Shrek à rassembler autant de spectateurs aux âges variés, tout comme je suis soufflée par la facilité que nous avons à aimer cette tête de mule d’ogre. Après tout, si on y réfléchit un peu, chacun des synopsis des films pourrait être réduit au manque de motivation de Shrek à participer à l’aventure :

  • Shrek 1 : Shrek n’a pas envie de partager son marais
  • Shrek 2 : Shrek n’a pas envie de rencontrer ses beaux-parents
  • Shrek 3 : Shrek n’a pas envie d’être Roi
  • Shrek 4 : Shrek n’a pas envie de s’occuper de ses enfants

J’avoue, pour le dernier je suis un peu vache, mais vous avez l’idée. Au final, même s’il n’est pas très preux et qu’il a une multitude de défauts, Shrek nous charme peut-être plus qu’un autre parce qu’il nous ressemble (même si on ne va pas jusqu’à modeler notre cire d’oreille). La nouveauté dans les Shrek était aussi présente dans la double narration ; beaucoup de films d’animation sont destinés à être regardés par des enfants et, en tant qu’adulte, on les apprécie pour la nostalgie ou sans chercher à critiquer certaines simplicités narratives. Dans Shrek, deux formes d’humour sont très clairement apparentes avec des blagues pour enfant et des blagues pour adultes. Là où un enfant rira des moqueries de l’ogre par rapport à la taille de Lord Farquaad, un adulte percevra quelques petites choses en plus entre les lignes.

Et pour l’avoir fait récemment, je peux dire qu’il n’y a pas forcément besoin d’être nostalgique pour apprécier les Shrek. Entre les nombreuses références à la pop culture, la BO inoubliable et le doublage français incroyable (qui est franchement une valeur ajoutée), l’ogre vert est devenu un classique peu importe les âges (mais ne le cherchez pas sur Youtube).

A la fin de mon re-visionnage, j’étais simplement déçue par l’inégalité de cette saga que nous avons sans doute tous relevée au cours de notre enfance. Les deux premiers volets sont vraiment supérieurs aux derniers où la pluralité des humours se perd et où la richesse de l’histoire s’appauvrie (Pourquoi le Rumplestiltskin du dernier film n’est pas le même que celui qui apparait dans le troisième ? Pourquoi ne pas avoir choisi un autre antagoniste plutôt que de contredire les faits ? Tant de pourquoi et si peu de réponses satisfaisantes !). Et vous, que pensez-vous de cette saga ? Avez-vous aussi hâte que moi d’entendre plus parler de ce fameux reboot ? (J’aime poser des questions et prétendre que vous allez faire exploser ma boite mail de réponses.)

Shrek the Third (2007) – © DreamWorks

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s