Série

Sharp Objects

Cette critique doit absolument commencer par la litanie suivante :
Je déteste Amy Adams.
Si j’avais quinze ans de plus, je la détesterai parce que Wikipedia vient de m’apprendre qu’elle a actuellement 44 ans (et elle ne les fait vraiment pas). Mais je n’ai pas quinze ans de plus et mes raisons, les voici : Il était une fois et La Nuit au Musée 2. Quelqu’un peut contester ? Non. Vous ne pouvez pas, et vous savez que vous ne pouvez pas.

Du moins, je détestais Amy Adams. Depuis, j’ai vu Sharp Objects.

Je dois, avant toutes choses, prévenir les personnes touchées par des questions d’abus sexuel et de suicide de ne pas aller regarder Sharp Objects, je vous conseille donc plutôt de vous installer confortablement dans votre lit, avec des oreillers et un yaourt et de regarder mon émission de cuisine préférée The Big Family Cooking Showdown qui, pour sûr vous fera vous sentir bien ce qui n’est absolument pas le cas de Sharp Objects. Ou, si vous vouliez vraiment voir Amy Adams mais que maintenant je vous ai donné envie de parler nourriture regardez Julie & Julia, Meryl Streep joue dedans. D’ailleurs c’est le seul argument que j’utiliserai : Meryl Streep.

Je veux dire, cette série ne s’appelle pas « Sharp Objects » (Objets coupants) pour rien. L’héroïne, Camille Preaker, possède la fâcheuse habitude de se scarifier. Alors préparez vous pour du sang, du sang et un peu plus de sang encore. Adaptée du livre Sur ma peau de Gillian Flynn par Marti Noxon et Jean-Marc Vallée, la mini-série de huit épisodes se fait un malin plaisir de vous faire vous sentir MAL. Et quand je dis mal c’est un mal qui conjugue épilation anale et vol en Ryanair.

Je résume donc : notre « joyeuse » héroïne, journaliste dans une grande ville, est envoyée dans sa bourgade natale pour écrire un article sur la disparition de jeunes filles. Déjà un peu glauque, l’histoire ne s’arrête pas là. On découvre bien vite les vices de la petite Camille qui ne s’abreuve que de liquides alcoolisés et à laquelle on ne confierait pas son rasoir pour deux sous. Il faut dire aussi qu’elle n’est pas gâtée, le retour dans la maison de son enfance ne fait que raviver les souvenirs de sa soeur décédée lorsqu’elle était adolescente et sa mère, riche sociopathe du quartier sans aucun sens du réconfort, la traite comme de la pisse de chat sur un gilet en mohair. (Et je ne vous spoile rien mais ça n’est pas son seul problème à la pauvre petite)

Autant dire que même si elle fait des trucs assez répugnants, on a du mal à ne pas ressentir pour elle un petit peu de compassion. L’ambiance policière est aussi assez prenante, comme dans un bon Sherlock Holmes on se retrouve à essayer de dénicher le coupable parmi les habitants tous plus insupportables les uns que les autres de la petite ville de Wind Gap. L’atmosphère sombre nous fait elle relativiser sur nos petits problèmes de vaisselle à faire et de cheveux dans la douche.

Je dois pourtant (comme à mon habitude) relever quelques problèmes. Je n’ai pas immédiatement accroché avec Sharp Objects car je trouvais que les séquences étaient trop saccadées de flashbacks et d’images aperçues cinq minutes avant. J’ai même eu un peu l’impression qu’on me prenait pour une conne en me montrant des éléments que j’avais déjà remarqué avec cinq coups de surligneurs dessus. Il faut arrêter de rendre stupide le spectateur ! Nous aussi, on possède un cerveau, bien au chaud sous une couche de graisse de crâne.

Sans vous révéler la fin je me sens obligée de dire que je la trouve un peu rapide et, après m’être renseignée comme une véritable détective, je sais qu’elle diffère de celle du livre et je vous encourage donc à sa lecture. Certes vous perdrez en richesse musicale (dont j’ai apprécié l’omniprésence à chaque séquence en voiture) mais vous gagnerez en informations ! (Et puis, pourquoi ne pas doubler son stress en se tapant deux fois les aventures de Camille ?)

En bref, bonne série terminée disponible sur OCS, grande marrade (non), beaucoup de LOL (non), mais surtout beaucoup de mystères et de malaises. Que ceux qui y survivent m’en donnent des nouvelles !

3 réflexions au sujet de “Sharp Objects”

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